Slow life // Une autre vie

{ Saint Valentin, sexisme et épanouissement personnel }

Je pars du principe que toute occasion de faire la fête est bonne à saisir. Dans le cas de la Saint Valentin je suis d’accord évidemment pour dire que c’est pas une raison pour ne s’aimer (ou se le prouver du moins) qu’un jour dans l’année, mais par contre à l’inverse quel mal y a t’il à se dire « je t’aime » encore un peu plus le 14 février ? Aucun !

Mais cette fête comme tant d’autres aujourd’hui est une injonction à consommer, à être encore plus dans le paraître et l’uniformisation. Messieurs, c’est l’heure de sortir la CB, c’est l’homme qui paye dans l’histoire et c’est lui qui plus est qui doit prendre les initiatives (diable,que deviendrait le monde si la femme se mettait elle-même à réserver un resto…). Madame, quant à elle doit se faire belle : épilation (la vue du poil est impensable), maquillage (on ne saurait tolérer de la voir au naturel) et lingerie affolante sous tenue sexy (vous avez remarqué que la saint Valentin et Noël sont les deux périodes où la dentelle et les lingeries « coquines » sont plébiscités : c’est LE moment ou Madame peut se la jouer catin tout en restant digne. Mais pas tout le temps donc. Le fameux équilibre mère, femme, amante sûrement…Une femme qui assume sa sexualité 365jours/an ca serait trop décontenançant). Pour ainsi dire, prête, lisse, standardisée et offerte pour l’accouplement.

Et je ne parle même pas du fait que la Saint Valentin est totalement ancrée dans les moeurs comme une fête complètement hétérosexuelle. Déjà que c’est la seule fois de l’année où on fête le sexe sous couvert de romantisme, alors si en plus on se mettait à y associer des images LGBT, ca soulèverait le coeur de notre peuple pudibond et bien pensant. Il faut rester dans la norme, entretenir les clichés, mettre la pression à l’homme pour qu’il soit poussé à acheter afin de rentrer dans un archétype et inciter la femme à être en demande de preuves d’amour matérielles.

Pour une femme, je trouve que ces deux aspects, l’incitation à la consommation et l’incitation au sexe, tout comme d’ailleurs le cantonnement des rôles, nous fragilisent en vérité, puisqu’elles sont ingurgités, même involontairement, juste du fait d’évoluer dans cette société. Entourée de la publicité, des médias, des boutiques. On n’y échappe pas.
C’est une intimation à rentrer dans le moule, à être un corps, un objet, à être désirable, à s’apparenter à une iconographie pornographique, et plus loin encore, une sommation à « pimenter », à avoir du plaisir, un plaisir normé lui aussi, un plaisir souvent masculin, bruyant, tapageur, toujours issu de ce même univers pornographique.

Mais… Et si on s’arrêtait un instant ? Et si pour une fois on sortait du matériel et du paraître et on se parlait de notre intérieur ? De ce qui nous anime, de ce qui nous plait, et si on s’aimait en sentiments et non en objet ?

Et si, on explorait notre sexualité, comme nous sommes, avec la peau, les reliefs, les poils, le naturel sans les fards et les atours ?
Et si, là, sans trop de roses rouges et de paillettes, si on s’aimait au plus profond, en écoute et en partage ?
Et si, on apprenait à s’aimer soi-même pour mieux aimer l’autre, si on explorait ce qui nous fait vibrer, ce qui nous secoue ?
Et si, on s’autorisait à être nous-même, sans vouloir plaire/être désirée à tout prix ?
Et si, on lâchait prise avec les diktats, la pression et on cherchait plutôt à s’épanouir, en s’affranchissant des normes et des injonctions, en renouant le contact juste avec nous-même et l’autre ?
Et si on tournait le regard vers l’individu, notre unicité, en parcourant qui nous sommes vraiment ?

Et si, au final, on s’aimait ?


En bonus, je vous transmets une idée cadeau pour sortir du classique, moins matériel tout en s’orientant vers plus d’écoute et de partage dans le couple : OmgYes. C’est un site internet qui vous propose de « lever le voile sur le plaisir féminin », à travers des témoignages, des vidéos et des expérimentations virtuelles. C’est décomplexé, explicite avec une dose de bonne humeur, mais pas tapageur ni pornographique. Sans aucun tabou, ni recette magique, juste une invitation à plus d’explorations, d’expérimentations, à se connaitre mieux, seule ou en couple.
Et pour finir, un petit extrait du site : « Le plaisir sexuel des femmes est resté dans l’ombre pendant trop longtemps. Il est temps de le faire sortir au grand jour. […] Il y a encore tant de choses non dites, non demandées et inconnues. Tout cela à cause d’un tabou que nous trouverons sûrement absurde dans quelques décennies, le même qui s’offensait du sexe oral et de l’homosexualité dans les années 50. Nous voulons accélérer cette transition.  […] Les représentations dans les médias nous font croire qu’après un petit coup de missionnaire ou prise contre un mur, elle aura un orgasme époustouflant, immanquablement et en moins d’une minute. C’est toujours le même scénario, y compris dans les comédies à l’eau de rose. Le bon amant à la sauce Hollywood est un télépathe qui sait toujours parfaitement comment s’y prendre. Il ne demande aucune direction et elle n’en propose aucune. » Have fun !

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